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L’impact de la crise COVID-19 sur le domaine du sport

Cet article fait suite à l’EYE en ligne et s'inspire de l'activité « COVID-19 – le sport européen à la croisée des chemins? ». L’EYE en ligne avait pour objectif de compenser le report de la Rencontre des jeunes européens 2020 (EYE2020) en proposant des activités en ligne aux jeunes Européens dans le cadre de la campagne européenne #EuropéensContreLeCovid19. Toutes les activités de l'EYE en ligne sont disponibles ici.

 

La crise de la COVID-19 a eu et continue d’avoir des conséquences irréversibles et sans précèdent dans tous les secteurs et à chaque niveau de nos sociétés. Cette session vise à mettre plein phare sur un domaine qui est souvent oublié dans les discussions autour de la crise actuelle : le sport. Quels sont les impacts de la pandémie sur ce secteur d’activité ? Quel est et sera le sort des sportifs -amateurs et professionnels- suite à la COVID-19 ?

 

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« La réalité du jour n’est pas forcément la réalité du lendemain, » explique Jean-Michel. Il raconte notamment que les habitudes de tous et toutes ont été bouleversées, que nos organisations ont été déstabilisées, et que beaucoup de choses sont et seront à reconsidérer dans le futur. Le sport en fait partie. Tout d’abord, les pratiques et compétitions ont dû être arrêtées, ce qui a eu un impact psychologique très lourd sur les athlètes et membres de l’organisation d’activités sportives. « C’est un monde en suspension, » où nous mesurons chaque jour les incertitudes du lendemain. Ensuite, la crise fragilise aussi les organisations du sport : les clubs ont une trésorerie faible et ces temps d’abstinence complète mène à beaucoup de doutes sur la potentielle reprise du sport à l’avenir. « Le mouvement sportif dans son ensemble se tient à disposition du pays pour repartir », et il se met au service de toutes celles et ceux qui essayent de redonner une dynamique. Jean-Michel met l’accent sur cette dynamique nécessaire : « Il nous faut impérativement nous projeter de manière organiser pour pouvoir imaginer comment construire la suite. » Pour faire face à la crise, il a mené deux actions : mis en place une plateforme qui regroupe toutes les filières du sport pour permettre une approche transversale afin de faire des propositions d’initiatives, et, au niveau européen, envoyé un message au nom de la France, appelant aux échanges d’expériences.

« Nous sommes dans une situation où il fait travailler tous ensemble à ce que sera demain, qui sera différent d’aujourd’hui. Tous les outils d’hier ne serviront pas demain : il faudra nous adapter à un monde différent. »

Jean-Michel Brun

Il ne faut pas oublier le secteur sportif et culturel dans cette crise mondiale. « Le sport, c’est ce qui fait le lien de la société, c’est le lien entre les gens : la vie des quartiers, des villes, c’est de l’animation. » Marc tente de diversifier les thématiques de discussion autour du sport. Il explique qu’on ne parle que trop peu du sport amateur, qui est pourtant fournisseur du sport professionnel. L’un des impacts de la crise sur le domaine sportif concerne le sponsoring local, qui contribue à soutenir le sport. La crise en Belgique a révélé que la confiance est plutôt dans les institutions locales qui agissent lorsqu’il y avait des faiblesses au niveau national. Les communes, les élus locaux, tentent de pallier les manquements, notamment celui du sponsoring du sport. Marc explique aussi qu’au niveau européen, le rôle des institutions c’est surtout d’être attentif au sport amateur, de tous le niveaux, avec des aides plus ciblées, comme le fait Erasmus+. L’Europe a de multiple tête : c’est une institution internationale, mais il y a des gouvernements nationaux, des commissions… et s’il y a une relance, ce sont tous ces acteurs qui doivent faire attention qu’aucun domaine soit laissé de côté, et notamment celui du sport.

Mathieu en profite alors pour partager son expérience. « Le sport est un domaine qui ne peut pas être arrêté, c’est quelque chose qui est dans une logique de continuité, et la recherche de performance ne peut pas trouver d’arrêt total. » Dans son cas, il a pu s’entraîner tout en respectant les conditions de confinement.

Marie-Amélie se permet de pointer du doigt ce privilège qu’a eu Mathieu de pouvoir continuer à s’entraîner. Les athlètes en situation de handicap n’ont pas tous eu cette chance. « Nous avons dû trouver des possibilités d’entraînement à domicile, sachant que pour certains types de handicap et de typologie de sport, les sportifs de haut niveau n’ont pas pu assurer une continuité de la reprise. » Les sportifs en situation de handicap ont dû voir l’arrêt de la pratique de leur sport dans sa forme conventionnelle. Marie-Amélie dénonce ensuite qu’à travers les médias, les sportifs de très haut niveau en situation de handicap passent complètement inaperçus. Pourtant, lorsque l’on parle d’un report de un an pour les jeux paralympiques, ça chamboule complètement la préparation des athlètes. C’est encore une fois un manque de visibilité.

« Le sport est une filière économique à part entière, c’est tout une économie financières, une économie sociale et sociétale, et c’est vraiment important de penser dès maintenant à la reprise sportive. »

Marie-Amélie Le Fur

Valentin rejoint les propos de Marc, sur l’impact de la crise sur le niveau local du domaine sportif. « Quand on entend parler du report des jeux olympiques, on ne pense pas directement au club de judo ou de tennis local. » Cependant, nous évoluons dans ce qui est appelé « le modèle sportif européen, » un modèle fondé sur la solidarité et la redistribution. 90% des revenus des jeux olympiques sont redistribués aux fédérations internationales, au comité olympiques nationaux, aux athlètes, aux programmes d’inclusion, d’égalité des genres, à l’organisation sportive de la jeunesse et autre, explique Valentin. Ensuite, tous ces revenus s’écoulent et sont utilisés pour organiser des rencontres sportives internationales, des évènements nationaux et locaux. Le report des jeux a donc des conséquences sur l’idée du sport pour tous, sur le sport au niveau local. Cette crise, au-delà de l’impact économique sur le sport, a un impact social très important.

Ce sujet a été discuté à travers la session de l’EYE en ligne « Le sport européen, à la croisée des chemins ? ». Il a été animé par Anthony Ferreira, qui a accueilli cinq invités afin de partager leurs expériences personnelles : Jean-Michel BRUN, secrétaire générale au Comité National Olympique Sportif Français et membre des comités sportifs européens ; Marc TABABELLA, député Belge Européen et président du groupe sport au Parlement Européen ; Mathieur GARCIA, bi-athlète français médaillé ; Marie-Amélie LE FUR, présidente du Comité Paralympique et Sportif Français et triple championne paralympique ; et Valentin CAPELLI, chargé d’affaires publiques au Bureau des Comités Olympiques Européens auprès de l’Union Européenne.

 

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